WILLIAM ACIN

 

fil d'ariane : bio >> démarche artistique

 

 

J’applique le détournement du sens commun afin de provoquer chez le spectateur un regard critique et distancé sur sa vie quotidienne et sa conception du monde. J’utilise l’humour, l’ironie pour provoquer, instiller du désordre dans « notre » rapport aux objets et dans l’usage quotidien des signes, en explorant notamment la question de l’inquiétante étrangeté de l’ordinaire, afin de faire émerger chez le spectateur une réalité sensible.

Pour les pyrogravures sur papier. Je brûle le papier avec minutie et patience, je caresse très lentement la feuille qui au grès de sa combustion laisse apparaître ses bruns, parfois ses ombres mais surtout ses blancs par la technique de l'épargne. Ce travail est fait main. Les projets sont d'abord traités numériquement puis retrouvent la consistance de l'unique, peut être un entre deux, vers l'aura, cher à Walter Benjamin dans- L’œuvre d'art à l'époque de sa reproductibilité technique- Je vise parfois l'inquiétante étrangeté.

Dans ma pratique, la gestuelle prend toute son importance. Je pars d’un geste simple décontextualisé de son usage courant et je le déplace de son registre initial, de son champs d’origine pour le faire exister ailleurs. Par exemple, dans une vidéo intitulée "à voté", je prend le geste « pointer » lié à l’exercice de  la pétanque. J’impulse un mouvement du bras que je répète sans la boule. Cette fois ci à vide, je remplace l’objet par un autre, ce qui dans cet exemple donne à l’image, une chute successive de pignes de pin selon une trajectoire parabolique filmée. Dès lors, l’impact sur le sol de pignes de pin apparaît comme plombé rappelant la boule métallique du jeu. La répétition permet un état de conscience modifié, une vibration où la main redécouvre un usage.

 

La photographie permet quant à elle, par son instantanéité, de mettre en évidence l’aura du lieu (Walter. Benjamin) et l’accent d’authenticité du geste artistique (André. Breton). Il s’agit pour moi d’en  faire émerger d’un point de vue anthropologique, un rapport particulier avec le corps.

Dans ma pratique de  l’installation j’utilise des objets créés ou des ready-made. Ce sont au départ,  des objets de notre quotidien et des matières éphémères. Par exemple, j’utilise des enjoliveurs en plastique de grandes marques automobiles, trouvés dans l’espace urbain que j’agrémente de papier crépon. Devenus « auréolés » ces objets, que je nomme "Ange Oliver", donnent à ces résidus de l’industrie un caractère ornemental et ostentatoire. Ils peuvent donner lieu à des installations  in situ ou placés dans l’espace d’exposition traditionnel (musée/galerie). Je récupère des cadres dans les poubelles des encadreurs, je les transforme en carré d’installation murale. Je crée des images mentales inspirées des cartoons.

En définitive, ma démarche se caractérise par une intention, un don, la volonté de provoquer une rencontre à la croisée des chemins. En ce sens je me sens proche d’artistes comme, Robert Filliou, Jacques Lisènes ,Carsten Höller, Maurizio Cattelan, Guy Ben-Ner et  Marc Dion.